Pro Velo- Families on Bike
Aider les familles à passer durablement de la voiture au vélo
En savoir davantage sur le projet
Et si le vélo devenait une vraie alternative à la voiture… même avec des enfants ?
À Bruxelles, de nombreuses familles aimeraient utiliser davantage le vélo, mais se heurtent à plusieurs obstacles : sentiment d’insécurité, difficulté à transporter les enfants, manque d’habitude ou peur de circuler en ville.
Avec Families on Bike, Pro Velo accompagne les familles bruxelloises pour tester concrètement une autre manière de se déplacer. Grâce à des essais de vélos familiaux, des formations pratiques et un accompagnement personnalisé, le projet aide les parents et les enfants à se mettre en selle - et surtout à y rester.
Quelles actions concrètes ont été entreprises pour encourager l’action climatique ?
Le projet vise à encourager un changement très concret : réduire la dépendance à la voiture familiale au profit du vélo.
Pour cela, Families on Bike propose une série d’activités adaptées aux réalités des familles :
- le prêt de vélos familiaux pendant trois semaines pour tester une nouvelle mobilité dans le quotidien ;
- des formations vélo-trafic pour gagner en confiance dans la circulation ;
- des ateliers parents-enfants pour apprendre à se déplacer dans la circulation avec ses enfants;;
- un accompagnement sur les itinéraires adaptés ;
- des partenariats avec des structures locales afin de toucher les quartiers les plus exposés à la pollution de l’air.
L’approche est avant tout pratique : permettre aux familles d’expérimenter le transport d’enfant à vélo dans des conditions rassurantes.
Quels obstacles ont été surmontés ?
Les familles avec enfants sont particulièrement dépendantes de la voiture : elles réalisent deux fois plus de trajets contraints en voiture que les ménages sans enfants.
Pour beaucoup, le principal frein au vélo reste très concret : comment transporter ses enfants en sécurité ?
À cela s’ajoutent d’autres obstacles : la peur de circuler dans le trafic, le coût d’un vélo cargo ou encore le manque de confiance dans sa capacité à changer ses habitudes.
Le projet a donc cherché à réduire ces freins un par un, en proposant des solutions accessibles, progressives et adaptées à chaque réalité familiale.
Comment ont-ils fait ?
La force du projet repose sur une approche très concrète et comportementale : plutôt que de convaincre avec des arguments abstraits, Families on Bike permet aux familles de tester réellement un nouveau mode de vie.
En 2025–2026, le programme a organisé 25 activités, rassemblant 188 familles, dont :
- des cours débutants à destination des enfants et des parents ;
- des formations pour apprendre à circuler avec un vélo familial dans le traffic;
- la circulation à vélo cargo ;
- des conseils d’itinéraires ;
- et surtout 100 familles ayant testé un vélo familial pendant trois semaines.
Pour toucher des publics plus éloignés du vélo, Pro Velo a également développé des partenariats avec des acteurs de terrain présents dans des quartiers particulièrement touchés par la mauvaise qualité de l’air.
Quel est le résultat ?
Les résultats observés six mois après la participation sont particulièrement marquants.
Parmi les familles accompagnées :
- 70 % utilisent désormais le vélo comme principal moyen de déplacement, contre seulement 5 % avant le programme ;
- 65 % ont acheté un vélo familial, et 35 % envisagent de le faire ;
- la distance parcourue en voiture a diminué de 48 % ;
- celle réalisée à vélo a augmenté de 423 %.
Le projet a également un impact plus large : amélioration potentielle de la qualité de l’air, baisse des émissions de CO₂ et bénéfices économiques liés à la réduction de l’usage automobile.
Families on Bike montre qu’un changement durable de mobilité est possible… lorsqu’on donne aux personnes les moyens concrets d’essayer.
Envie d'en savoir plus ? Regardez la vidéo de ce nominé !
5 éléments à mettre en évidence qui peuvent inspirer les autres projets
- La précision du ciblage : familles avec enfants (deux fois plus de trajets contraints en voiture) et quartiers les plus exposés à la pollution de l'air
- L'approche expérientielle plutôt qu'argumentative : le prêt de trois semaines permet de tester avant de s'engager
- La prise en compte d'un frein très concret et spécifique (transporter ses enfants en sécurité), plutôt qu'un discours générique pro-vélo
- La combinaison de formats complémentaires (essai long, formations vélo-trafic, ateliers parents-enfants, conseils d'itinéraires)
- La rigueur du suivi à six mois (70 % d'usage principal du vélo, +423 % de distance à vélo, -48 % en voiture), qui objective un changement durable
Quelques idées du jury pour aller plus loin
Accroître l'impact du projet…
1. en développant un prêt de plus longue durée ou en réseau de quartier, pour prolonger l'essai de trois semaines vers une « location progressive » avant achat.
Inspiration : à Amsterdam, le partage de vélos cargo s'organise aujourd'hui surtout entre voisin·es : la ville a introduit un système de permis flexible autorisant les riverain·es à partager jusqu'à cinq vélos cargo entre eux - un modèle de proximité, moins dépendant d'un seul opérateur commercial, potentiellement plus robuste à transposer.
2. en développant un système de marrainage/parrainage entre familles déjà converties et nouvelles familles testeuses.
Inspiration : le réseau belge Fietsbieb, qui prête des vélos d'enfants via environ 155 points de prêt et un millier de bénévoles, s'appuie sur cette logique de pairs pour l'entretien et l'accompagnement.
Renforcer encore + l'adhésion au projet…
1. en articulant plus étroitement l'essai avec les primes vélo cargo régionales, pour réduire l'écart entre les 65 % qui achètent et les 35 % qui hésitent encore après le test.
2. en élargissant les partenariats vers les écoles et les employeurs, pour ancrer le vélo cargo dans les trajets récurrents plutôt que dans le seul loisir.
Inspiration : le programme irlandais Bike Library prête des vélos cargo et longtails via les écoles et clubs sportifs locaux, ce qui ancre l'usage dans des trajets récurrents et mutualise la flotte entre plusieurs familles.
Augmenter encore + le rayonnement du projet…
1. en valorisant les chiffres d'impact dans une campagne grand public, au-delà du public déjà touché par le programme.
Inspiration : les données déjà réunies par le projet cAIRgo Bike (dont Families on Bike est un spin-off) sur les profils d'usager·ères bruxellois·es peuvent alimenter directement cette campagne.
2. en donnant un rôle visible de témoin aux familles déjà converties (portraits, réseaux sociaux, événements de quartier), identifiées lors du suivi à six mois.
Activer la dissémination (Centola / Herrero)…
1. en ciblant prioritairement plusieurs familles d'une même rue ou d'une même école en même temps, pour que le passage au vélo cargo devienne visible et imité localement, plutôt que de disperser les familles testeuses sur tout Bruxelles.
Inspiration : Damon Centola – qui a formalisé les stratégies de changement d’échelle en matière de changement de comportement - montre que placer plusieurs adopteur·euses dans un même groupe géographique crée le renforcement social nécessaire au basculement - un vélo cargo isolé reste une curiosité, plusieurs dans la même rue deviennent une norme.
2. en structurant le suivi à 6 mois par « cluster » (école, rue) plutôt que par famille isolée, pour repérer où la densité de familles converties approche le seuil de bascule et concentrer le recrutement là où l'effet sera le plus fort.
Inspiration : le seuil de bascule d'environ 25 % identifié par Centola : une fois qu'un quart des familles proches d'un foyer utilise le vélo cargo, la probabilité qu'il l'adopte à son tour augmente fortement. Le pourcentage exact varie selon le contexte, mais l'enseignement reste solide : il n'est pas nécessaire de convaincre une majorité de familles - une minorité engagée et visible, concentrée localement, suffit à faire basculer un groupe restreint.
Aperçu de tous les nominés
Réseau des GASAP
SSMG - Santé en transition
Oxalis - École de cuisine végétale asbl
Les Chantiers Battus asbl