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SSMG - Santé en transition

Améliorer les pratiques de santé pour répondre aux enjeux climatiques

En savoir davantage sur le projet

Et si le secteur des soins devenait lui aussi un moteur de la transition écologique ?

Face aux impacts croissants du dérèglement climatique sur la santé et l’impact du système de santé sur le dérèglement climatique, la cellule environnement de la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG) s’engage pour accompagner les professionnel·le·s de santé vers des pratiques plus durables.

Par son initiative, la cellule intègre les enjeux environnementaux dans la pratique quotidienne des soignants. Elle encourage des soins adaptés aux défis climatiques, des pratiques plus responsables, une meilleure gestion des ressources et la sensibilisation des patients. En accompagnant les équipes dans l’évolution de leurs compétences et de leurs pratiques, elle active un effet d’entraînement : en tant qu’acteurs de confiance, les professionnels de santé deviennent aussi des vecteurs d’influence capables de diffuser largement ces changements au-delà du système de soins.

L’ambition : faire du secteur des soins un acteur clé de la transition, en soutenant celles et ceux qui souhaitent agir dans leur pratique professionnelle.

Quelles actions concrètes ont été entreprises pour encourager l’action climatique ?

Le projet vise à intégrer les enjeux climatiques directement dans les pratiques des professionnel·le·s de santé.

Pour cela, la SSMG développe notamment :

  • des outils de sensibilisation et de formation ;
  • un accompagnement des équipes soignantes autour de pratiques plus durables ;
  • des espaces de réflexion collective sur l’impact environnemental du système de santé et, à l’inverse, de la pression exercée par la dégradation de l’environnement sur la santé humaine et le système de santé ;
  • des ressources concrètes pour faciliter le passage à l’action dans les cabinets et structures de soins.

L’objectif est de rendre les changements réalistes, activables et adaptés aux contraintes du terrain médical tout en garantissant une amélioration de la qualité des soins et la robustesse de nos structures de santé.

Quels obstacles ont été surmontés ?

Le secteur de la santé fait face à une tension importante : comment intégrer des enjeux environnementaux dans un quotidien déjà très chargé ?

Parmi les principaux freins identifiés :

  • le manque de temps et parfois de moyens financiers
  • le manque de connaissances et de compétences (gouvernance ou la complexité des liens entre santé et environnement ) ;
  • le sentiment d’impuissance face à un système vaste et contraignant ;
  • Le manque d’accès à des outils concrets et à des ressources directement mobilisables.
  • Le paradoxe entre l’importance et l’urgence du problème avec l’absence d’aides et de mesures politiques structurelles 

Le projet a donc dû répondre à une question essentielle : comment rendre la transition désirable et accessible pour des professionnel·le·s déjà fortement sollicité·e·s ?

Comment ont-ils fait ?

La SSMG a choisi une approche progressive, pragmatique et ancrée dans la réalité et les valeurs du terrain.

Plutôt que d’ajouter une injonction supplémentaire, l’initiative mise sur :

  • une approche scientifique, basée avant tout sur la qualité des soins et adaptée au secteur de la santé
  • des outils concrets directement applicables ;
  • la montée en compétences ;
  • le partage d’expériences entre pairs ;
  • Un soutien Financier de la Fédération des Maison Médicale et de la loterie Nationale

Cette méthode permet aux professionnel·le·s de santé d’expérimenter des changements à leur rythme, en cohérence avec leurs valeurs, tout en renforçant leur sentiment de légitimité à agir.

Le projet contribue progressivement à faire évoluer les représentations et les pratiques dans le secteur médical.

Il permet notamment :

  • une meilleure compréhension des liens entre santé et climat ;
  • une appropriation plus concrète des enjeux environnementaux dans la pratique quotidienne ;
  • l’émergence de nouvelles pratiques professionnelles plus durables ;
  • la création d’une dynamique collective au sein du secteur (contacts avec les pharmaciens, les autres partenaires de santé) 
  • de toucher un public plus large grâce à la sensibilisation et l’implication des patients. (marches-déchets avec des patients, partages et cours de cuisine végétarienne, achats maraîchers bio du coin,...)

Au-delà des outils proposés, l’initiative participe à une transformation plus large : faire reconnaître que prendre soin de la santé humaine implique c’est aussi de prendre soin de notre environnement. 

Envie d'en savoir plus ? Regardez la vidéo de ce nominé !

5 éléments à mettre en évidence qui peuvent inspirer les autres projets

  • Le choix du levier : les professionnel·les de santé comme acteur·rices de confiance et vecteurs d'influence au-delà du système de soins
  • La crédibilité de l'approche, adaptée aux contraintes réelles du terrain médical plutôt qu'un discours théorique
  • Le double regard assumé : impact du système de santé sur le climat et impact du dérèglement climatique sur la santé
  • L'ancrage dans le collectif professionnel (partage entre pairs, montée en compétence) plutôt qu'un changement individuel isolé
  • L'ouverture vers les patient·es via des actions concrètes (marches-déchets, cuisine végétarienne, achats maraîchers), au-delà du seul cabinet médical)

Quelques idées du jury pour aller plus loin

Accroître l'impact du projet…

1. en faisant piloter par quelques médecins volontaires un premier micro-projet concret et mesurable (ex. réduire des prescriptions inutiles, remplacer un dispositif à fort impact carbone), avec un outil déjà prêt à l'emploi plutôt qu'à construire depuis zéro.

Inspiration : le cadre SusQI (Sustainability in Quality Improvement) du Centre for Sustainable Healthcare (Royaume-Uni) propose une boîte à outils gratuite en ligne - calculateur carbone, canevas de projet - qui a déjà permis à des équipes soignantes de mener des micro-projets concrets (réduction du protoxyde d'azote, changement d'inhalateurs).

2. en intégrant un volet prévention plus explicite dans l'accompagnement.

Inspiration : le cadre « informer, former, agir, prévenir » proposé par S. de Rouffignac et S. De Munck peut s'appuyer, pour son volet « prévenir », sur une méthodologie déjà éprouvée à l'international : Choosing Wisely (lancé en 2012, aujourd'hui actif dans plus de 30 pays, avec une version française « Choisir avec soin ») construit, spécialité par spécialité, des listes « Top 5 » des actes à faible valeur ajoutée à interroger avec le patient. Une méthode transposable pour bâtir une liste « Top 5 » propre à la médecine générale belge, qui allierait pertinence clinique et réduction d'empreinte environnementale - deux bénéfices dans un seul geste.

 

Renforcer encore + l'adhésion au projet…

1. en développant des outils prêts à l'emploi pour la salle d'attente, pour transformer chaque consultation en occasion de sensibilisation sans alourdir le temps médical.

Inspiration : en France, le Collège de médecine générale diffuse déjà des affiches « santé planétaire » pour salles d'attente - un format directement adaptable par la SSMG.

2. en structurant un parcours de montée en compétence par étapes (informé·e -> outillé·e -> ambassadeur·rice), pour accompagner des professionnel·les à des niveaux d'engagement très différents.

Inspiration : l'Alliance Santé Planétaire propose déjà un MOOC « Santé Planétaire pour les Soins Primaires » (8 modules, certifiant) - un parcours de montée en compétence sur lequel la SSMG pourrait s’appuyer et éventuellement adapter plutôt que d'en construire un nouveau.

 

Augmenter encore + le rayonnement du projet…

1. en documentant et diffusant les initiatives déjà portées avec les patient·es (marches-déchets, ateliers cuisine, achats maraîchers) comme cas concrets reproductibles par d'autres cabinets ou maisons médicales.

2. en développant une communication grand public montrant le lien santé-climat, en s'appuyant sur la confiance dont bénéficient les soignant·es.

Inspiration : l'association Santé Environnement France (ASEF) mobilise déjà plus de 2 500 médecins bénévoles pour informer directement le grand public sur les liens santé-environnement - un modèle de communication par les pairs, porté par des soignant·es plutôt que par des expert·es distant·es.

 

Activer la dissémination…

1. en constituant d'abord des « groupes de 10 » médecins au sein d'un même cercle local ou d'un même bassin de vie, qui adoptent ensemble 2-3 pratiques non négociables, avant de diffuser les outils et les pratiques de manière « virale » à l'ensemble des généralistes belges.

Inspiration : la méthode des « groupes de 10 » de Leandro Herrero – qui a formalisé l’approche de changement viral : un noyau soudé et visible qui adopte collectivement un petit nombre de comportements non négociables, avant d'essaimer en cercles successifs.

2. en positionnant comme relais des médecins ordinaires bien connecté·es informellement dans leur cercle local (collègues de garde, groupes de pairs), et pas uniquement les figures reconnues de la SSMG, pour que la crédibilité vienne de la proximité plutôt que du statut.

Inspiration : le principe de Leandro Herrero « utiliser les influenceurs informels, pas les leaders formels » : la confiance se diffuse via les relations, pas nécessairement par la hiérarchie / l’autorité « officielle ».

Aperçu de tous les nominés

Les Chantiers Battus asbl

Pro Velo- Families on Bike

Réseau des GASAP

Oxalis - École de cuisine végétale asbl

Fabrik asbl - L'Outilthèque